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L'année dernière à Marienbad (1961)
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Vue d'ensemble
Note Générale:
Votre Note:
Réalisateur:
Scénariste:
Alain Robbe-Grillet (scenario and dialogue)
Date de sortie:
25 juin 1961 (France)
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Genre:
Drame | Mystère | Romance
Avis des utilisateurs:
Un chef d'oeuvre ou un film loupé, au choix
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Forum
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(Casting officiel complet)| Delphine Seyrig | ... | A - la femme brune | |
| Giorgio Albertazzi | ... | X - l'homme à l'accent italien | |
| Sacha Pitoëff | ... | M - l'autre homme au visage maigre, le mari | |
| Françoise Bertin | ... | Un personnage de l'hôtel | |
| Luce Garcia-Ville | ... | Un personnage de l'hôtel | |
| Héléna Kornel | ... | Un personnage de l'hôtel | |
| Françoise Spira | ... | Un personnage de l'hôtel | |
| Karin Toche-Mittler | |||
| Pierre Barbaud | ... | Un personnage de l'hôtel | |
| Wilhelm von Deek | ... | Un personnage de l'hôtel | |
| Jean Lanier | ... | Un personnage de l'hôtel | |
| Gérard Lorin | ... | Un personnage de l'hôtel | |
| Davide Montemuri | ... | Un personnage de l'hôtel | |
| Gilles Quéant | ... | Un personnage de l'hôtel | |
| Gabriel Werner |
Détails supplémentaires
Alias:
Durée:
94 min
Pays:
France | Italie
Langue:
Français
Couleur:
Noir et Blanc
Format :
2,35 : 1 Voir plus »
Son:
Mono
Classification:
Hong Kong:I | Italie:T | France:U | Australie:PG | Suède:15 | Argentine:16 | Finlande:K-16 | UK:U
Lieux de tournage:
Amalienburg Hunting Lodge, Nymphenburg Palace, Munich, Bavaria, AllemagneVoir plus »
Curiosités
Connexions entre Films:
figure dans "Mad Men: The Benefactor (#2.3)" (2008)Voir plus »
Voir plus (1 total) »
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*** Ce commentaire peut contenir des spoilers ***
Ce film est probablement un classique de l'histoire du cinéma français, mais il a vécu pour une très grande partie.
Les personnages sont soit absolument immobiles et cette immobilité est multipliée dans son effet par un élément qui bouge dans le décor par ailleurs absolument immobile, soit seul éléments en mouvement dans un décor immobile qui amplifie ce mouvement. Même quand il n'y a aucun personnage c'est la caméra qui bouge dans des enfilades visuelles claustrophobes comme des couloirs sans fin aux douzaines de portes qui s'entassent les unes après les autres, avec même parfois un miroir qui démultiplie l'effet et dans lequel apparaît le seul élément en mouvement sans que l'on puisse savoir où il peut bien se trouver.
Les seules scènes où les personnages se comportent comme des êtres vivants et animés sont des scènes de jeu de cartes, de patience ou de quoi que ce soit d'autres où les mouvements sont dictés par des règles strictes et régulés par des mouvements convenus et retenus.
Et quand on n'est pas enfermé dans ce château que l'auteur s'obstine à appeler baroque alors qu'il s'agit d'un rococo fin du dix-neuvième siècle, on est enchaîné dans le jardin outrancièrement à la française. Plus français que moi, tu meurs, à en faire rougir le jardin des Tuileries.
Le récit est d'une simplicité à faire frémir aussi, mais avec une ligne explosé du dit récit, une ligne non linéaire comme une sorte de dédale biscornu qui n'en finit pas de se contourner lui-même sur lui-même comme un serpent qui se ferait vingt cinq nuds et se mordrait la queue. Tout tient dans le scène du stand de tir et dans la scène perdu dans le film de la femme tué à bout portant par un homme, peu importe lequel, cela ne signifie rien, pas plus que de savoir si c'est il y a un an à Marienbad, ou bien aujourd'hui un an après Marienbad, ou si l'amant présumé, prétendu et autoproclamé ou le mari s'il y en a un, est le tireur d'élite à bout portant.
Et quand la guillotine vous attend à l'aube levante de la nuit où vous ne pouvez pas dormir et où vous vous rappelez (j'entends remémorez) les événements qui vous ont mené à cette fin abrupte et sans lendemain. Une balustrade brisée comme une gorge tranchée. Rien à dire dans tout cela. C'est une de ces histoires d'amour banales dont les journaux people sont pleins.
Mais quant à nous faire croire que l'on est hors du temps historique et d'une quelconque définition socioculturelle, c'est prendre le public pour un banc de cancres. Tout, de l'architecture aux costumes, à la décoration intérieure, aux comportements, à la pièce de théâtre dans le film et son rideau on ne peut plus conventionnel, tout pointe exactement sur une période très étroite et sur une classe sociale de gens dans la finance et les affaires mais en grande partie désnull et oisive.
Alors, où est la valeur universelle de ce film, s'il en a une ? Elle est dans l'amour et son expression incompréhensible et inexprimable. L'amour d'une personne pour une autre personne, cet amour si fort que la simple idée d'un contact autre que mental et extrasensoriel est une insulte à cet amour lui-même. Il est vrai que la plupart des hommes et des femmes ne connaîtront jamais cette forme d'amour qui ne peut en aucune façon se réaliser physiquement et qui ne peut trouver sa force et sa réalisation, y compris matérielle, que dans une réalisation spirituelle, mentale, sublimée dans quelque domaine que ce soit. Le malheur dans ce cas c'est que notre brave amant est désuvré et donc n'a aucune possibilité de sublimation de son désir et comme il ne peut pas le réaliser non plus du fait de cet amour si fort qu'il en est impossible, alors il ne reste plus que la solution de tuer l'objet de cet amour et de sombrer dans l'annihilation physique de son être par le châtiment suprême. Même si le tout est fantasmé en imaginaire subconscient et psychotique. C'est vraiment ce que veut dire l'expression « aimer à la folie ».
C'est cet amour et sa description qui tient de la folie mentale et psychique, de l'enfermement dans un désir de désirer et à ne jamais satisfaire, qui est le héros du film et qui en fait un chef d'uvre probablement durable. Mais pour une élite très étroite des gens qui aiment le cinéma qui exprime par des images et de la musique l'impossible impossibilité d'exprimer l'inexprimable. Seul le cinéma le peut car il s'adresse à tous nos sens, à toutes nos émotions en même temps et simultanément.
Dr Jacques COULARDEAU